le KALARIPAYATT est un art martial indien ancestral, appelé "mère des arts martiaux", et originaire du Kérala (Inde du Sud)
Entrainements
Par la discipline rigoureuse des mouvements (les mouvements du kalaripayatt sont extrêmement précis), basés sur des postures d’animaux; par la prise de conscience des directions (l’élève concentre son regard vers une direction précise durant ses mouvements), il apprend le « focus », la concentration sur un seul point ; par la maîtrise de l’équilibre, et le développement du saut; par la maîtrise du souffle (de nombreux exercices de respiration permettent de prendre conscience de sa respiration, de la maîtriser).
L’élève va pouvoir développer : la conscience de son corps, de ses possibilités mais aussi de ses blocages afin de les dépasser ; la flexibilité de ses articulations; une musculature fine, profonde, moteurs profonds de l’organisme ; la concentration sur une direction, un point, un but.
Enfin, il va prendre conscience du souffle, du va-et-vient de l’oxygène dans ses poumons, du calme que l’oxygène génère dans l’organisme.
Par la pratique en commun des exercices (les élèves exécutent les mouvements côte à côte et font des longueurs en aller/retour sur une ligne), le groupe tend à devenir « un », c'est-à-dire que se développe une énergie commune et que le groupe évolue comme un seul homme. Cela requiert une écoute de l’Autre, les plus rapides doivent ralentir, les plus lents accélérer, sans qu’il y ait de compétition, car ce qui importe avant tout, c’est d’être ensemble.
Par l’exécution des enchaînements, qui requièrent immanquablement la maîtrise du souffle et de la volonté, par la répétition systématique des mouvements, qui peu à peu se développent, se maîtrisent, se fluidifient, l’élève va prendre conscience de l’importance de la répétition ; là où notre société du « zapping » le appe dans un « nouveau » sans cesse renouvelé, la rigueur de l’art martial, l’extrême précision qu’il requiert va lui faire prendre conscience de l’efficacité de la persévérance et de la répétition.
En kalaripayatt, il n’y a pas de ceinture, il n’y a pas de Dan comme dans les autres arts martiaux. L’évolution des élèves se fait naturellement par la pratique des exercices de jambes (kalugals), des postures d’animaux (wadivu) et des enchaînements (maïpayatts).
L’élève commence par apprendre les premiers mouvements de base, au nombre de sept : quatre exercices de jambes, trois postures en mouvement dites du « cheval ». Puis il commence à apprendre l’enchaînement des postures d’animaux (éléphant, lion, cheval, poisson, chat, lézard, sanglier, coq, cygne).
Lorsqu’il maîtrise suffisamment ces exercices de base, il apprend les sept autres exercices de jambes, les autres postures d’animaux en mouvement (lion, lézard, sanglier), et commence à apprendre la salutation du kalaripayatt, qui intègre tous les mouvements de base. Cette deuxième partie peut aller très vite, selon l’assimilation de la première base d’exercices, qui est de toute façon pratiquée à chaque début de cours dans son intégralité.
Les enchaînements complexes (Maïpayatt) et le bâton long (Kettukari) Les « Maïpayatt » sont des enchaînements qui unissent exercices de jambes et postures d’animaux. Ils sont plus ou moins longs, se complexifient avec les capacités de l’élève ; ils requièrent une bonne maîtrise du souffle car ils font appel à son endurance. Il en existe plus de onze, mais les élèves n’en pratiquent généralement pas plus de trois en une séance, car ils demandent beaucoup d’énergie, d’autant que les premiers exercices sont toujours pratiqués au début du cours.
Le bâton est alors introduit dans les mains de l’élève, au travers d’exercices de manipulations, puis de duels chorégraphiés..